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La meilleur façon de trotter, c’est de
mettre une patte devant l’autre et de recommencer. Cela pourrait
être l’adaptation de cette expression bien connue, en langue ovin. Car
l’amie dont nous allons suivre les pérégrinations
pas à pas est une bien belle brebis. |

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Je vous présente Frisette. |
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Elle les
aura usés ses sabots, sur les routes, les chemins caillouteux et
escarpins, pardon ! Escarpés des
Préalpes dauphinoises et du Vercors… |

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Pour la
transhumance, mieux vaut ne pas avoir le
pied bot ! Aurait pu dire cette coquine ! |
| C’est ce
qu’on appelle « mettre les pieds dans le
plat » n’est-ce pas ? |
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Voici ce
que voyait Frisette du haut de sa montagne :
Le pas
de clé |
| La
muraille du Vercors |
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Ces
grandes vacances au dessus de Vassieux en Vercors, un lieu si chargé
d’histoire aujourd’hui, étaient un vrai bonheur pour Frisette et ses
amis. Une sorte de cure de remise sur
pieds : air pur, exercice et nourriture saine garantis !
Voici
Vassieux en Vercors |
| Son
monument de la résistance |

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Et le
cimetière où reposent aujourd’hui plus de mille résistants. |
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C’est là
qu’elle avait trouvé chaussure à son pied, |
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et mis
au monde une grande famille. |
| Tout ce
petit monde, encadré de chiens et bergers en brodequins bien huilés
s’en retournait à petits pas dans
la vallée, |

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lorsque
l’automne était bien avancé. |
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Elle le
connaissait par cœur ce chemin de retour. |
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Combe
Laval
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Col de
la machine

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Quand le
clocher de l’église de St Jean en Royan apparaissent à l’horizon, si
majestueux qu’il lui paraissait haut de
1000 pieds, Frisette comprenait alors que les vacances étaient
bien finies. |

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Notre
amie redoutait la traversée des villages car une foule excitée faisait
des pieds et des mains pour être
aux premières loges, pour caresser leur laine. Nous ne sommes pas des
bêtes de cirque pensait Frisette. |
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Elle
passait la tête basse, n’apercevant pas ces êtres dits humains que
galoches, croquenots, godillots, sabots, sandales, et autres bottines. |

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Ce jour
là, et c’était sa petite vengeance, l’expression « écrase
merde » était prise au pied de la
lettre ! |
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Le
chemin de Frisette passait par : Bouvante le Bas et St Nazaire en
Royans. |
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Frisette
avait horreur de faire le pied
de grue devant les ruisseaux |
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ou les
fontaines afin de se désaltérer. Priorité aux anciennes ! |
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Frisette
était faite pour les grands espaces et l’herbe verte.
La
perspective de passe de long mois enfermés à l’étroit, n’ayant qu’à se
mettre sous la dent que foin sec, la mettait de mauvaise humeur. |
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Dès
lors, ces magnifiques paysages d’automne, |

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ces
charmants petits villages, la laissaient de marbre. Et tous ces gens,
elle savait bien qu’ils étaient gentils et sincères pour la plupart.
En fait elle adorait les caresses des enfants ! |
| A la
ferme, Frisette s’ennuyait un peu. |
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Ses
seuls moment de joie étaient les rencontres avec son amie Blanquette
la vache, |
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et la Banarde, une des dix chèvres qui
logeaient avec elle.
Elles se
sentaient complices, probablement du fait qu’elles habitaient ce
pied à terre depuis longtemps et
étaient toutes trois de vieilles mères un peu lasses, bien qu’ayant
encore bon pied, bon œil !
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A Romans
sur Isère, la grande ville toute proche, Frisette, la Banarde et
Blanquette n’y ont jamais mis les pattes. |
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Elles ne
connaissaient donc pas la tour Jacquemart et son automate, |
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la
collégiale St Barnard, la place Ernest Gailly du centre ville et
l’hôtel de ville et son monument dédié aux arméniens. |
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Frisette
n’avait jamais su que la laine qu’on lui tondait régulièrement, y
avait développé une puissante industrie qui avait fait vivre des
milliers de personnes pendant des décennies. |
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Ni
Blanquette, ni la Banarde n’ont pu imaginer que le lait qu’on leur
trayait chaque jour devenait ces fameuses tommes dont se régalent
encore les amateurs. Le St
Marcellin fait en lait de vache et le picodon fait en lait de chèvre. |
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Et notre
brave Frisette, savait-elle que ni Jourdan, ni Kélian, ni Clergerie,
tous ces grands noms de la chaussure n’auraient existé sans sa peau,
sans son cuir qui a fait la richesse et la renommée de Romans ?
Voici une usine de cordonnerie dans les années
50. |
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Romans
était une ville propice à l’installation de la tannerie. Une petite
rivière, la martinette, passe dans les bas quartiers, ainsi les
tanneurs pouvaient y tremper les peaux pour les nettoyer et les
assouplir. Les caves des maisons des tanneurs étaient construites sur
la rivières. |
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Ensuite nous avions du vent pour sécher plus vite les
peaux car nous habitons la vallée du Rhône. On installait les peaux sur
des rondins qui formaient les galeries à haut vent sur les murs des
maisons. |

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Pour la tannerie nous utilisions beaucoup
d’outils, notamment le racloir qui servait à nettoyer les peaux et à
les assouplir ; et le foulon, pour vous mesdames, l’ancêtre de la
machine à laver, qui servait à essorer les peaux. |
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Voici
quelques modèle fabriqués aujourd’hui par les firmes romanaises.
Un
modèle de chez Robert Clergerie,
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un autre
de chez Charles Jourdan, |
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enfin un
de chez Stéphane Kélian. |

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Voyageurs qui passez par Romans, lorsque vous
visiterez le magnifique musée de la chaussure, dans son écrin du
couvent de la Visitation, ayez une petite pensée pour nos trois amies. |
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Dans ces magnifiques bottes en cuir de chèvre,
dans ces superbes chaussures d’hommes en cuir de vache ou encore dans
ces petits escarpins en cuir de brebis, nos trois complices vous
feront un dernier « pied de nez » ! |
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