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Le
costume féminin
Il
se compose d’une robe (corsage attaché à une jupe), d’un
tablier ample à grand devantier, d’une parure de cou composée
d’un col et d’une guimpe et enfin d’une parure de tête composée
d’une sous-coiffe et d’une coiffe. A cet ensemble de base, il
convient bien sûr de rajouter des dessous (jupon, …), des
chaussures, etc. On peut aussi terminer la touche finale avec des
gants de dentelles et des bijoux. Cependant, il convient de
distinguer l’indispensable de l’accessoire, bien qu’en matière
de mode, il est parfois difficile de distinguer l’un de l’autre !
Il faut aussi se rappeler que ce costume est récent, qu’il a évolué
encore jusqu’à ces dernières décennies et donc que la profusion
de modèles, de matières, de nouveautés en tous genres et de tous
les goûts a pu influencer les Vannetaises et les Alréennes,
soucieuses comme partout de suivre le vent, dans les limites de la
tradition (réglant l’indispensable).
C’est
donc à la lumière de ce qui précède qu’il convient
d’analyser les différentes pièces du costume féminin.
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La
robe est le plus souvent de fin drap noir, mais aussi parfois, de
satin, de crêpe voire de velours frappé, surtout dans les derniers
temps. Le corps est rendu rigide par une doublure de toile forte ;
il est lacé sur le devant. Les manches sont évasées et larges
(manches « pagodes »), la jupe ample (compter 2,50 à 3
mètres de tour) atteint le bas du mollet, guère plus haut, même
de nos jours. Sur ce fond de robe, on rajoute des parures de velours
dans le dos, sur les manches et sur la jupe. Le résultat : une
robe de plusieurs kilos. Mais ces velours sont essentiels
puisqu’ils sont ornements et surtout qu’ils permettent
d’indiquer à la fois la fortune et l’origine de la personne !
Les dernière robes s’ornaient de « perlés » :
une bande de velours garnie d’une guirlande de perles de jais à
la limite du velours et du drap de la jupe. On mettait autrefois un
soin tout particulier à orner la partie arrière de la jupe puisque
c’est là qu’un futur galant allait vérifier que celle qui
l’intéressait était bien du même rang social que lui ! Et
pas question de tricher, les couturières et le qu’en-dira-t-on étaient
là pour éviter les miroirs aux alouettes ! Chacun à sa place !
Les cajoleries ou les larmes n’y pouvaient rien !
Le
tablier, très ample couvre tout le devant de la jupe et même une
partie des hanches. Un devantier s’évase de la pointe sur
l’estomac aux épaules. Vaste surface qui offre une merveilleuse
occasion d’étaler sa fantaisie (et sa fortune !). C’est
donc le tablier qui sera l’ornement essentiel du costume, avec les
parures de tête et de cou. C’est aussi lui qui marquera nettement
les occasions : travail, simple sortie, petit dimanche,
dimanche carillonné ou noces mais aussi fantaisie de la jeunesse, réserve
de la femme mariée (rangée …), tristesse du deuil. Nous décrirons
ici le « beau tablier », celui du « grand costume ».
Il peut être de tissu léger (satin, crêpe, velours ciselé) ou
plus lourd en velours de soie dit « à la clef ». Ce
velours est aujourd’hui introuvable et est remplacé par du
velours de coton, parfois mêlé de soie. Le décor le plus simple
est celui du tissu lui-même (broché, imprimé, à motifs ciselés).
Les plus richement travaillés sont les tabliers brodés soit de
motifs en fils de soie de couleur (peinture à l’aiguille) soit en
broderie « Richelieu », dont les motifs sont découpés
jusqu’à, parfois ne laisser du tablier qu’une somptueuse toile
arachnéenne, tout le tissu ayant fait place à la broderie ajourée.
Les derniers tabliers sont peints, souvent sur des velours sombres,
pour faire ressortir les motifs : ils offrent l’avantage de
flatter l’œil comme la broderie mais de n’en avoir pas le prix !
Les
pièces de lingerie sont les pièces les plus luxueuses ; elles
ornent les poignets, le cou et la tête.
Une
paire de manchettes de dentelle ou de tulle brodé ou simplement
parfois de léger plissé orne le bas des manches. Ces manchettes
peuvent être amovibles (anciennes) ou cousues au bord des manches
(modernes).
Une
guimpe et un col, généralement assortis, accompagnent les épaules
et le cou. La guimpe se glisse dans l’ouverture de la robe, juste
au-dessus du devantier du tablier ; ainsi elle lui est parfois
attachée et dans ce cas forme comme un liseré tout au long de sa
bordure supérieure. Le col est plat, se retournant et s’étalant
dans le dos, parfois assez bas. Les plus somptueux sont de tulle
brodé à la main. Ils font alors la fierté des porteuses et tous
les excès sont permis ! Ce sont ces cols qui ont redonné au
costume paysan une nouvelle faveur face à la mode citadine
vannetaise qui les remplace par une mouchoir de cou de velours brodé
et qui fut un temps préférée par les paysannes.
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