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En
octobre, vos bogues en peau de hérisson vert tendre pendant au bout
de chaque branche comme les boules d'un arbre de Noël puis, en
avançant dans l'automne, elles s'ouvrent soudain pour nous présenter
comme dans un écrin capitonné de blanc leurs perles luisantes
couleur d'ambre ou d'ébène suivant les espèces.
Vos fruits
ont nourri bien des générations de paysans corréziens, et ce n'est
pas sans raisons qu'ils vous ont surnommés
«L'ARBRE
A PAIN ou L'ARBRE NOURRICIER».
Autrefois on
mangeait des châtaignes à tous les repas, blanchies, grillées,
séchées, cuites à l'eau dans leur peau «les peluches », ou sucrées
en confiture.
Pendant tout
l'hiver maman servait les châtaignes blanchies à l'incontournable
casse-croûte de dix heures du matin, avec une soupe de pain bis.
Elle
disposait au centre de la table les châtaignes fumantes dans une
corbeille ronde à fond plat en écorce de ronce avec la soupière ;
chacun se servait du bouillon et le mélangeait dans son assiette
avec les châtaignes blanchies.
Les hommes
rajoutaient une lampée de vin.
Aux enfants,
elle versait à chacun, avec une grande louche qu'elle plongeait dans
la jatte de grès contenant la traite du matin encore tiède, un bol
de lait où l'on mettait à tremper les châtaignes.
C'était le
régal de mes jeudis d'hiver.
Aux
veillées, après avoir fait une incision dans chaque fruit, on les
dégustait grillés dans la poêle à marrons, rougie sur le feu de
l'âtre, que l'on secouait de temps en temps à l'aide de son long
manche.
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