Us et Costumes N°21
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Le Timbre et le Limousin
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Il était une fois Monsieur le Timbre qui se promenait à travers la
France. En 1942, il arriva en Limousin et découvrit une région pleine de
surprises en paysages, en En 1942, il arriva en Limousin et découvrit
une région pleine de surprises en paysages, en personnalités et en arts.
Il voulut alors lui rendre hommage en s'habillant des armoiries de
Limoges, chef lieu de la région. |
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Sur
ce blason, vous pouvez voir un personnage entouré des lettres S et M. il
s'agit de Saint-Martial qui vers 250 vient évangéliser le pays. Mais les
habitants sont hostiles et le jettent au cachot. C'est alors qu’une
lumière surnaturelle envahit la prison, le peuple criant au miracle. Dès
lors, le Limousin devint la «terre des saints», et Limoges une étape sur
l'un des itinéraires de St Jacques de Compostelle. |
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Monsieur le Timbre
apprécia le Limousin tant et si bien qu'il décida de mieux le connaître au
cours de son existence.
Ah ! Limoges et sa
porcelaine... et bien le saviez-vous ? Un grand peintre du XIXème
siècle commencé sa carrière sur la porcelaine : Pierre Auguste
Renoir. Mais loin de ses débuts, il affirma sa vitalité sensuelle dans ses
portraits féminins et, pour plaire à ces messieurs, dans ses nues, comme
«Jeunes filles au piano » ou «Les baigneuses».
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Pour rester sur les personnalités de la
Haute-Vienne, monsieur le Timbre prit aussi l'apparence de Jean
Giraudoux, écrivain de Bellac au nord de la Haute-Vienne, dont certains
parmi vous ont du étudier les œuvres à l'école, comme «La guerre de
Troie n'aura pas lieu», «Electre» ou encore «Ondine». Mais Jean
Giraudoux est resté très attaché à son pays natal. Je cite :
«J'habitais, avec mon tuteur, une maison toute en longueur, dont chaque
porte-fenêtre donnait sur la ville, chaque fenêtre sur un pays à
ruisseaux et à collines, avec des champs et des châtaigneraies comme des
rapiéçages. ,car c'était une terre qui avait beaucoup servi déjà,
c'était le Limousin.». |
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D'ailleurs, Bellac le lui rend bien, car
chaque année se déroule au mois de juillet un festival de théâtre, de
musique et de danse en son souvenir.
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| Honneur aux femmes avec le château de
Rochechouart, à l'ouest de Limoges. |
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Au cours de l'histoire, la dynastie de
Rochechouart a su se distinguer au service de la France face à l’ennemi.
Le château eut donc à souffrir des guerres et se trouva menacé à
plusieurs reprises de ruines, mais fut sauvé à chaque fois par l'argent
des dots des épouses de Rochechouart. L'une d'elle, la Vicomtesse Alix,
fut accusée à tort par l'intendant du château, auquel elle refusait ses
faveurs, d'avoir voulu le séduire. |
| Son mari le Vicomte la jeta alors en pâture
au lion gardé dans la tour. Mais un spectacle étonnant attendait les
deux hommes, car deux jours plus tard, ils trouvèrent le lion couché aux
pieds de la belle, preuve de son innocence. Je vous laisse deviner qui
servit de repas au lion… |
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| Pour terminer son voyage en Haute-Vienne, Monsieur le
Timbre décida de mettre à l'honneur un art aussi populaire que la
porcelaine : l'émaillerie. Ce timbre représente une plaque tombale émail
champlevé du XIIème siècle. Il s'agit d'une épaisse plaque de cuivre
évidée par endroits, les cavités servant à recevoir l'émail. Cet art put
se développer en Limousin grâce à la richesse de ses terrains en plomb
et en oxyde de métaux rares comme l'or, l'argent, l'uranium ou encore le
cuivre, qui composent l'émail. Pour connaître d'avantage cette technique
compliquée, je vous invite à visiter les ateliers limougeauds qui seront
heureux de vous accueillir. |
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Monsieur le Timbre, dans son voyage limousin, ne
délaissa pas un des départements les plus pauvres et les plus dépeuplés
de France, la Creuse. Ainsi, il s’arrêta à Guéret, chef lieu du
département, et capitale du comté de la Marche depuis le XIIIème siècle.
La ville doit son blason au chancelier Jean Barton de Montbas, fervent
chasseur de cerfs. |
| Ensuite Monsieur le Timbre décida de se rendre à
Aubusson en remontant la magnifique vallée de la Creuse. En chemin il
fit une halte à Moutier d'Ahun pour admirer les superbes boiseries dont
est pourvue toute l’église, comme ici la Jouée, qui est une cloison
fermant la rangée des stalles. |
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Enfin, Monsieur le Timbre arriva à Aubusson, ville
célèbre pour sa tapisserie, longue tradition du XIVème siècle,
qui retrouva un nouveau souffle au XXème siècle grâce à Jean Lurçat.
Pour faire connaître sa tapisserie au public, Aubusson a su se doter
d'établissements spécifiques tel qu'un centre culturel, une école, une
manufacture, un musée, un forum et la maison du tapissier. C'est dans
cette dernière que sont exposés des meubles et objets anciens ayant
trait à la vie aubussonaise des siècles passés, ainsi qu'un atelier de
tapisserie comme on pouvait en voir autrefois. |
| Après l'art
décoratif Monsieur le Timbre s'intéressa à l'art de la table Car un
grand personnage du XVIIIème siècle fit entrer dans les mœurs la
base de toute alimentation paysanne, dont vous aurez un exemple ce
soir (ndlr : aligot) : la pomme de terre (importée par Parmentier).
Cet homme, c'est Turgot, intendant du Limousin, très impliqué dans
le confort et l'environnement de cette région. Le Limousin était
pourtant l'une des plus pauvres provinces du royaume, mais Turgot
réussi à la transformer, tant sur le plan social et économique,
qu'agricole et routier. |
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| Cet homme eu un tel impact que son nom est
associé à un grand nombre d'architectures, comme le pont Turgot à
Uzerche, en Corrèze. Voici donc monsieur le Timbre dans le département
cher à mon cœur. |
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Comme le dit un vieux dicton populaire, «qui a maison
à Uzerche, a château en Limousin», car la ville est dotée d'anciennes
résidences aristocratiques. Mais comment a-t-elle su conserver son
patrimoine ? En ne capitulant jamais au cours des nombreux sièges
qu'elle subit au Moyen-âge. Ce qui lui valut le surnom d'Uzerche la
pucelle, et sa devise «non pulluta » qui signifie «jamais souillée » |
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En Corrèze, la résistance porte aussi des noms d'hommes,
comme celui d'Edmond Michelet, homme politique du Xxème siècle, qui
contribua à la fondation du réseau Combat, qu'il dirigea dans le
Limousin, pendant la seconde Guerre Mondiale, et qui fut ensuite
Ministre des Armées sous le Général de Gaulle. Sa vie fut relatée en
1971, un an après sa mort, par l'un des cinq romanciers corréziens
constituant l'école de Brive : Claude Michelet, qui n'est autre que son
fils, dont certaines de ses œuvres ont été portées à l'écran, comme «Des
grives aux loups». |
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| En parlant de film, savez-vous quel château servi de
décor à un plongeon vertigineux effectué par Jean Marais ? Le château de
Val, dont l'appartenance est litigieuse puisqu'il appartient à la
Corrèze mais est sur le territoire cantalien. Ce château se dressait
autrefois sur un rocher, mais suite à la construction du barrage de
Bort-les-Orgues, il s'est trouvé isolé sur une île reliée au rivage par
une levée de terre, le plan d'eau ayant englouti le village. |
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Vous avez pu constater tout comme Monsieur le Timbre,
que les villes du Limousin et leur patrimoine sont riches en anecdotes
historiques. Aubazine, situé entre les deux rivières de la Corrèze et de
Coiroux, n'y échappe pas, puisque son bistoire est indissociable de
celles de ses monastères. Celui d'Aubazine étant réservé aux hommes et
six cents mètres plus bas, celui de Coiroux aux femmes. |
| Tant de proximité aida les mauvaises
langues à affirmer qu'il y aurait eu un souterrain entre les deux
établissements, d'où est né le dicton «qui a fille à Coiroux, a gendre à
Aubazine». |
| On raconta aussi à Monsieur le Timbre, très friand de
petites histoires, qu'il y aurait eu un conflit entre deux camps de
religieuses qui firent finalement la paix autour d'un repas de fête. Le
dessert, inventé à l'occasion, était fait de beignets que le père abbé
baptisa «paix de nonnes» Mais la malice populaire les transforma en
«pets de nonnes», friandises appréciées de nos jours par la France
entière. |
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| Pour terminer son voyage Limousin, monsieur
le Timbre, ayant entendu parler d'une promenade ensoleillée sur la
Dordogne, parti à Argentat. |
| Cette ville aux belles demeures anciennes évoque le
temps où elle fut la capitale des gabariers, qu'on appelait aussi
argentats, comme leurs embarcations. De nos jours il est possible de
revivre une parcelle de leur aventure en prenant place dans une des
gabares reconstituées ces dernières années. |
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| D'ailleurs, pour le Téléthon, la gabare
«Espérance » a quitté le port d'Argentat au mois de décembre pour une
descente de la Dordogne de 381km. |
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D’après le diaporama de Fanny SERVANT
(Payse de France 2001) |
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