| Guipuzkoa, Biscaye, Alava,
Navarre au sud, Labourd, Soule et Basse-Navarre au nord. Des trois provinces
françaises, la Soule, la plus petite, a toujours été la plus attachée à ses
traditions, entre autres à ses fêtes.
Si les petits bals du dimanche et les fêtes de village concernaient
surtout les jeunes, les véritables événements que constituaient les
pastorales et les mascarades intéressaient toute la population.
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La pastorale
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Issue des " soties " du Moyen Age,
la pastorale a traversé les siècles. Ce spectacle avait lieu une fois
par an, vers Pâques. Tous les villages en montaient une à tour de rôle,
avec quelques dizaines d'hommes, du village uniquement : pas question
d'admettre des "étrangers" ! Jeunes et anciens se concertaient pour
choisir une pièce dans un vaste répertoire (saint Eustache, Œdipe,
Abraham, Hélène de Constantinople, saint Louis, Jeanne d'Arc,
Napoléon...) et faisaient ensuite appel à un metteur en scène, qui
jugeait si les futurs acteurs étaient aptes à tenir les différents
rôles. Toutes les classes de la société étaient représentées : le roi,
le clergé, les militaires, les conscrits (les "Blancs"), les bourgeois
(les "Rouges"), les Maures et tous les exclus tels les bohémiens, les
juifs, les anciens lépreux et pestiférés (les "Noirs")... Tous les
habitants du village aussi pouvaient se retrouver dans certains
personnages.
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Acteurs, chanteurs et danseurs
répétaient pendant les "longues" soirées d'hiver. Les acteurs devaient
apprendre par cœur des centaines de versets, exercice très difficile
pour ceux qui ne savaient pas lire... Les répétitions avaient lieu dans
le plus grand secret, supervisées de temps en temps par le metteur en
scène. Généralement, ce dernier choisissait les costumes, mais chacun
pouvait dire son mot. Ces costumes étaient confectionnés par les
couturières du village. A partir du début du vingtième siècle, certains
furent loués Ð par souci de vérité Ð, comme celui de Napoléon, à Lacarry,
en 1910. Les danseurs, les "satans", étaient choisis par les gens du
village et entraînés par un ancien. C'était les meilleurs danseurs.
Munis d'un crochet ou d'une fourche, voire d'un tricorne, il leur
arrivait de participer à l'action ou de donner quelques répliques.
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Le jour de la représentation, tous les
protagonistes de la pastorale partaient défiler dans les villages
voisins. C'était la "cavalcade". En tête, venaient les musiciens, à pied
ou en charrette, ensuite les acteurs, à cheval pour la plupart, les
bergers et leurs troupeaux fermant la marche. Les acteurs qui tenaient
les rôles féminins défilaient en calèches décorées.
Vers dix heures, la cavalcade était de retour au
village : la représentation pouvait commencer. Elle durait cinq à six
heures ; un "Napoléon" (encore lui !) se termina à six heures du soir.
Les musiciens, placés au-dessus de la scène, pouvaient suivre aussi ce
qui se passait derrière le rideau et réglaient les entrées et les
sorties. Le public était disposé en fer à cheval sur les gradins, les
femmes d'un côté, les hommes de l'autre. Généralement, l’estrade était
adossée contre le fronton ou des maisons. Sur la place de Tardets, les
acteurs entraient et sortaient sur la scène par les fenêtres des
maisons.
Le public, très calme et très attentif, savait
apprécier la qualité des chanteurs, des acteurs et des danseurs, au
cours de cet événement dont la réussite contribuait au renom de leur
village.
A la fin du spectacle, tous des acteurs donnaient le
Chant de la Pastorale.
De nos jours, la tradition est respectée, et des
pastorales ont toujours lieu en Soule (également en Basse-Navarre). De
nouveaux livrets sont écrits, sur les thèmes anciens, mais avec des
visions plus modernes, ou sur des thèmes nouveaux, touchant toujours le
Pays basque, bien entendu.
Une pastorale aura lieu en 1999 ou en l’an 2000 (au
cours de l’été) à Esquiule, près d’Oloron-Sainte-Marie, village basque
en ex-territoire béarnais.
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