Festivals en Chine 2008 |
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Festival de Shanghai |
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2° PREMIER CONTACT AVEC SHANGHAÏ Une ville monstrueuse… monstrueusement belle… Une hypermégapole de plus de 15 millions d’habitants, sur une superficie égale à celle de… la Suisse… Une accumulation d’immeubles à la César, qui à force de laideur, finit par devenir esthétique… Et l’autoroute au milieu de la ville avec pour piliers : des tours d’immeubles… et des échangeurs qui se croisent sur 4 niveaux… Des barres de logements immenses, mais aussi, des quartiers d’affaires dans lesquels le business mondial se donne rendez-vous et progresse à pas de géant… Des affaires qui se traitent, entre autre, dans la plus haute tour du monde (475m…) On ne sait où regarder… Grandiose… Surprenant… Un autre monde, comme on n’en voit que dans les films de science fiction… Et tout à côté, de vieux quartiers à taille humaine, encombrés de petites échoppes, de fils électriques et de linge étendu à même le trottoir, de vélos surchargés de cartons, d’un bric à brac étéroclite… Et tout à côté : la Chine traditionnelle, la Chine historique … Une merveille… dans les musées, mais aussi, dans les vieux quartiers, et les petites villes. Un véritable dépaysement, tant la culture, les costumes, les traditions, les gestes même, peuvent paraître étranges. Mais à y bien regarder… une reconnaissance humaine tout aussi certaine… Les outils de la terre, de l’artisanat, du commerce, les habitations même, présentés à l’écomusée de Shanghaï pourraient tout à fait trouver leur place dans n’importe quel écomusée Français… Les techniques sont les mêmes… l’intelligence de la main est bien universelle… |
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Une telle expérience, de tels excès d’honneur (pour un petit ensemble comme le nôtre), ne se vivent qu’une fois dans une vie d’homme… Notre modestie en aurait pris un sacré coup, si nous n’avions pas su relativiser pour nous dire que ce n’était pas nous qui étions « grands », mais eux qui étaient… « géants » |
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4° JAUNISSE …L’anecdote ne vaut d’être relatée que pour louer la qualité de l’intervention à l’hôpital Chinois… Y’a pas à dire… Il faut toujours qu’il se fasse remarquer… Alain nous fait une jaunisse… En Chine… Il était jaune comme un citron qui aurait eu des yeux oranges… Ca ne fait pas… crédible… Et pourtant : faute d’avoir assez bu (sous une chaleur caniculaire) il nous fait un calcul dans le colédoque … Après une journée « à la ramasse », il faudra prendre une décision… Voir un médecin urgentiste, et peut-être avoir recours au rapatriement sanitaire… Ca jette un froid… Sylvie va emmener tout le groupe à l’hôpital… (visite non prévue au programme …) Et là, chapeau : En deux heures, Alain va voir un jeune médecin parlant Français, il aura une prise de sang , un électrocardiogramme, une échographie, reverra le médecin, et sortira avec ses médicaments à la main… Qui dit mieux ??? Durant ce temps, les autres membres du groupe auront eu tout juste le temps de faire leurs courses dans les boutiques du coin… N.B. : Alain refusera d’être perfusé à l’hôpital… : Il y avait encore deux spectacles à assurer (voir les implications plus loin…) |
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5° LA PARTIE ARTISTIQUE Tout commence par une déception : Il a fallu envoyer une cassette : Lors de la parade, nous jouerons… en play-back… Les musiciens sont déçus… Pourquoi avoir passé tant de temps à répéter ? Pourquoi aller en Chine ? Juste pour faire « pot de fleur » ??? Le soir de la répétition, tout s’explique… Nous passons en 46° position…(21 chars, 28 troupes)… Comment gérer au pied levé des problèmes de micros avec autant de musiciens ? Impossible… Le jour du défilé, nous dansons sous des trombes d’eau… Impossible de sortir les accordéons… Le play back était justifié, et l’expérience nous montré qu’il fallait faire confiance aux organisateurs qui ont tout prévu, tout planifié, tout mis à la mesure du gigantisme de la manifestation… Car nous allons toucher du doigt ce que veut dire « gigantisme » en matière de spectacle… Une répétition et un défilé, devant près de 450 000 spectateurs (aux dires des organisateurs)… impressionnant… Nous sommes cernés de groupes prestigieux, de costumes magnifiques, plus colorés les uns que les autres, dans une ambiance festive inégalable. |
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Et sur l’espace moquetté, deux caméras montées sur bras télescopiques + 2 caméras fixes sur pied, + 2 caméras « à l’épaule »… …Nous passions en direct, devant un jury, à la télévision Chinoise… …Nous l’avons donc joué « au bluff »… Alain (qui sortait de l’hôpital…) a déclaré qu’il n’allait pas faire l’effort d’être debout, juste pour faire « pot de fleur » et jouer en play-back… Là-dessus, Claude a renchéri en déclarant que, puisque nous allions jouer en direct, nous n’exécuterions pas une danse, mais trois… (Bourrée de Reuilly, Carrée de La Châtre, et Pastourelle) Sylvie a longuement négocié au téléphone avec les organisateurs… et nous devons à son efficacité, jamais mise en défaut, d’avoir obtenu gain de cause. Nous nous sommes donc lancés, conscients de l’enjeu, conscients de la gageure que nous nous étions nous-mêmes imposée… bref… totalement inconscients… Au résultat, jamais les musiciens n’auront aussi bien joué, jamais les danseurs n’auront aussi bien dansé ; jamais ils n’auront autant souri en spectacle, tant le bonheur de réussir ce coup-là était intense. Un grand moment dans la vie d’un groupe. |
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7° LA MOTIVATION Les conditions, il faut bien le dire, étaient rudes : un décalage horaire à gérer, une chaleur étouffante, une humidité à 80%, une climatisation omniprésente, des nuits à chercher le sommeil, des exploits physiques à assumer tous les jours, une pluie diluvienne, et le lendemain, des costumes mouillés pour repartir… Mais… Comment rechigner ? Quand on voit danser des Brésiliennes, vêtues de seulement quatre plumes… souriantes malgré le déluge qui s’abattait sur elles… Quand on voit danser les Bretons, sous des trombes d’eau, et que l’eau gicle sous leurs pieds jusqu’à hauteur de leurs épaules… Quand on voit une pleine tribune d’« officiels », impassibles, sous leur imperméable de fortune… Quand on voit 450 000 personnes qui, sous le même orage, n’attendent que vous pour faire la fête… …On fait la fête… et on est heureux de rendre le bonheur qu’ils nous offrent…
8° LES CRITIQUES Nous aurions aimé tout savoir avant de partir : Le programme, les conditions d’hébergement, les visites que nous allions faire, les difficultés que nous allions rencontrer (pour échanger notre monnaie, pour téléphoner, pour se faire soigner, pour mieux gérer la partie artistique, pour sécher nos vêtements, etc…) Mais à cela malheur est bon, cela nous a permis de nous prouver : - que nous savions garder le moral (et la bonne humeur) en toute circonstance - que nous avions des facultés d’adaptation que nous ne soupçonnions pas - que chacun de nous était capable de puiser dans ses ressources pour faire fonctionner un collectif - que malgré les difficultés, nous étions capables d’assumer la totalité de nos engagements jusqu’au bout - que nous étions capables de faire confiance. |
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9° EN CONCLUSION |
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Nous sommes tous revenus plus riches… Plus riches d’avoir visité un pays fascinant Plus riches d’avoir pu tester nos capacités et nos limites (et plus d’un parmi nous en a été surpris…) Plus riches d’avoir vécu une aventure humaine extrèmement enrichissante (tant au sein du groupe qu’au contact de nos hôtes). Et puis… gonflés… gonflés… gonflés… Maintenant, il faut absolument, et au plus vite, redescendre sur terre… A moins… A moins que nous ne repartions… En Chine (ou encore… en CHINE)… ou ailleurs… Si l’on veut bien de nous… Nous sommes prêts… Chiche …
Alain AUDOUY… (rescapé)… |
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